D’une non-condamnation par ordonnance pénale : l’affaire SICPA
DOI:
https://doi.org/10.21257/sg.278Abstract
Le droit suisse ne connait aujourd’hui pas d’instrument de justice négociée du type deferred prosecution agreement, soit un mécanisme permettant au ministère public d’abandonner la poursuite moyennant le respect, par le prévenu, de certaines conditions. La pratique réclame depuis plusieurs années l’introduction d’un tel outil en matière de responsabilité pénale des entreprises. En attendant, procureurs et entreprise prévenue négocient dans le cadre de la procédure de l’ordonnance pénale. Les entreprises concernées étant actives dans un contexte transnational, il est arrivé que le procureur en charge de l’affaire émette, aux côtés de l’ordonnance pénale, une « side letter » expliquant les termes et effets d’une telle décision. Cela a été le cas dans l’affaire « SICPA SA », condamnée en avril 2023 pour des faits de corruption. Or, la « side letter » du procureur publiée sur le site internet de l’entreprise édulcore largement le reproche pénal adressé à SICPA SA. L’objectif de la présente contribution est d’expliquer en quoi le contenu de ce document n’apparait pas compatible avec la construction de la responsabilité pénale de l’entreprise et la notion d’ordonnance pénale en droit suisse.
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Das Schweizer Recht kennt derzeit kein Instrument der verhandelten Justiz vom Typ «Deferred Prosecution Agreement», also einen Mechanismus, der es der Staatsanwaltschaft ermöglicht, die Strafverfolgung einzustellen, wenn der Beschuldigte bestimmte Bedingungen erfüllt. In der Praxis wird seit mehreren Jahren die Einführung eines solchen Instruments im Bereich der strafrechtlichen Verantwortlichkeit von Unternehmen gefordert. In der Zwischenzeit verhandeln Staatsanwälte und beschuldigte Unternehmen im Rahmen des Strafbefehlsverfahrens. Da die betroffenen Unternehmen in einem transnationalen Kontext tätig sind, käme es vor, dass die zuständige Staatsanwaltschaft neben dem Strafbefehl in einem «Side Letter» die Bedingungen und Auswirkungen einer solchen Entscheidung erläutert. Dies war der Fall bei SICPA SA, die im April 2023 wegen Korruptionshandlungen verurteilt wurde. Der auf der Website des Unternehmens veröffentlichte «Side Letter» des Staatsanwalts mildert jedoch den strafrechtlichen Vorwurf gegen SICPA SA erheblich ab. Ziel dieses Beitrags ist es, zu erläutern, warum der Inhalt dieses Dokuments nicht mit der Konstruktion der strafrechtlichen Verantwortung des Unternehmens und dem Begriff des Strafbefehls im Schweizer Recht vereinbar ist.
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